Quand la technologie te connais mieux que tu ne te connais

Comme à mon habitude, j’étais sur Netflix. Je cherchais quelque chose à regarder, quelque chose de nouveau. Toutefois, sous la pléthore de choix disponibles, je me suis noyé sous la masse. Encore une fois. Quand, au final, j’ai réussi à trouver quelque chose de convenable, je me suis dit que Netflix était vraiment fort. Me proposer une série ou un film qui correspond exactement à mes goûts ce n’est pas rien. Et puis, je me suis dit que Netflix me connaissait sacrément bien. Peut-être un peu trop même.

D’où la question qui m’est venue : pourquoi me connaît-on aussi bien ? Je sais que Netflix a, comme YouTube, des algorithmes qui permettent de te proposer des contenus similaires à ce que tu regardes ou à ce que tu as regardé. C’est bien, même très bien. Toutefois, c’est au moment où ces plateformes parviennent à te proposer des choses qui vont vraiment te plaire et qui n’a rien à voir (ou presque) avec ce que tu regardes habituellement que tu te dis qu’il y a un malaise.

C’est comme tous ces sites de rencontres qui te proposent des « matchs » en fonction des informations que tu rentres dans ton profil ou par rapport aux réponses fournies à leurs questionnaires. Pourtant, dans ces cas-là, ça ne fonctionne jamais… étrange.

Et puis tout en haut de l’échelle, tu as Google. Lui, il est encore plus fort que les autres et il connaît jusqu’aux plus noirs secrets que tu caches dans ton historique. C’est ton Big Brother qui t’accompagne partout, mais il ne fait que te surveiller et te proposer des choses, il n’agit pas. Il ne te juge pas non plus d’ailleurs. Il est juste là, tout le temps. Cependant, tu t’en retrouves dépendant assez vite. Qu’est-ce que tu ferais s’il n’était plus là ? C’est dans ces moments-là que tu te rends compte que tu ne sais plus vraiment ce que c’est que la vraie solitude. Celle où tu es séparé de tout et avec laquelle aucune réponse extérieure ne peut survenir. Ces réponses devront être intérieures et seront ta plus grande richesse.

Cela n’existe malheureusement plus. Ceux qui te disent le contraire te mentent. Mais s’ils disaient la vérité ? Tu ne peux donc pas t’empêcher de les écouter… Ainsi, même si tu possèdes un libre arbitre ton avis sera biaisé pour toujours. Aujourd’hui, tu peux compter sur tellement plus que sur toi-même que lorsque tu dois le faire tu prends peur et tu abandonnes. C’est triste. Pour pallier à ce vide grandissant dans ton âme, tu t’abreuves du contenu des réseaux sociaux et de la vie des autres.

Cette vie n’est qu’une façade, tu le sais. Cependant, tu fais mine de ne pas le savoir. Tu occultes cette pensée et tu t’abreuves… goulûment. Puis tu compares à ta vie. Dans ta vie, il ne se passe rien. Elle est paisible, mais ça ne te suffit pas. Tu rêves d’aventures, mais tu ne te donnes pas les moyens de les réaliser. Par conséquent, tu restes dans un coma éveillé. Tu vis par procuration et tu finis par croire que c’est suffisant pour construire ta vie. Tu finis par t’en convaincre et tu attends.

Un beau matin alors tu te réveilleras et tu te diras : mais qu’est-ce que ma vie est devenue ? Et là, tu comprendras que ce n’est pas toi qui rythmes ta vie, mais les autres. Par extension, tu finiras par comprendre que c’est la technologie qui te contrôle et non l’inverse. Tu as créé cette situation de dépendance à l’information, au contenu en développant ce côté voyeur/commère qui sommeillait au fond de toi. Aujourd’hui, la technologie satisfait ce besoin. Trop même. Elle t’abreuve en continu. Au début, tu étais satisfait. Puis peu à peu la routine s’est installée. Le trop-plein de contenu a commencé à te mettre mal à l’aise. Cependant, impossible de s’en séparer. Tu as ce besoin de faire quelque chose en permanence et d’apprendre de nouvelles choses en permanence.

À chaque fois que tu t’ennuies, ton premier réflexe c’est Facebook/ Twitter/ Instagram / 9gag/ Reddit/ etc. À chaque fois que tu le fais, tu te perds un peu plus. Au final, tu n’es plus sûr de savoir qui tu es ni ce que tu aimes. En effet, la technologie sait tout de toi, les réseaux sociaux et les personnes qui les occupent savent tout de l’image que tu veux leur renvoyer. Mais toi ? Tu ne sais plus qui tu es ni ce que tu veux. Tu ne te définis plus que par le regard des autres et par ce que te renvoie ton navigateur. Tu n’es plus qu’un avatar physique de quelque chose d’inexistant matériellement parlant. Tu n’es plus toi.

Alors tu finis par te chercher. Tu essayes d’arrêter, tu fais de ton mieux. Cependant, tu ne sais plus où tu en es et où tu as abandonné ton toi réel. À quel moment t’es-tu perdu de vue ? Tu ne t’en souviens plus. Alors tu cherches. Tu espères tomber dessus par hasard. Ça ne marche pas. Alors tu décides de te reconstruire sur des bases existantes que tu penses connectées à ton vrai toi. Et ça ne marche pas non plus. Dans cette quête, comme tu as arrêté de faire tout comme tout le monde, on a commencé à t’ostraciser. C’est ce que les gens font et tu le sais. Après tout, tu ne fais plus comme eux, comme tout le monde. Donc, ils sont effrayés. Cependant, ça te rassure d’un certain côté. Ça veut dire que tu es sur la bonne voie. Et c’est là que tu commences à te retrouver peu à peu. Tu te reconnectes à tes racines et tu te poses les bonnes questions. Toutefois, il va falloir continuer à faire des efforts. Mais pas de panique, tout finira bien par arriver, tu le sais, tu le sens. L’espoir revient.

Tu finiras éventuellement par retrouver ton équilibre de vie. À ce moment, tu sauras que tu es revenu dans le droit chemin. Tu sauras qui tu es et ce que tu veux. Tu ne seras plus ce que l’on veut que tu sois ni l’image que les autres perçoivent via des biais extérieurs, protégés derrière leurs écrans. Tu auras expérimenté la vie, la vraie. Fort de ces expériences tu auras des choses à raconter. Tu comprendras que tu as toujours été une personne intéressante, mais que ce chemin que tu as parcouru et les difficultés auxquels tu as dû faire fassent t’ont encore plus enrichissant.

Là, tu te retourneras sur ton passé et tu souriras doucement. Puis tu te diras que tout ce que tu as enduré en valait la peine. Tu auras alors fait la paix avec toi-même et, à cet instant précis, tu seras de nouveau complet, entier. Tu seras toi et rien d’autre, car tu n’as besoin de rien d’autre. Tu auras alors atteint ton apogée en tant que personne et tu seras fier. Tu en parleras autour de toi et cette fois, les gens t’écouteront. Ta parole aura de l’impact et sera appuyée sur une expérience telle que personne ne pourra venir te contredire. Tu seras devenu fort.

Alors n’oublies pas, le vieil adage de Socrate : « connais-toi toi-même », car n’a jamais été aussi important que dans notre société actuelle. Dominée par l’information et l’image que tu renvoies. Cependant, rappelle-toi une chose : cela ne te définit aucunement. Tout cela n’est qu’une gigantesque mascarade dont il faut savoir se distancier. Tu es toi et tu es parfait tel que tu es. Tu fais les choses à ton rythme et tu profites de ton voyage et des turbulences qui l’accompagnent. Inutile de profiter de baver sur celui des autres. Chacun a le sien et tous sont extraordinaires. Et rappelle-toi : personne ne te connaît mieux que toi, seulement il faut savoir prendre du recul et rester en accord avec toi même. C’est le plus important.

Recommandation de manga #2

Bien le bonjour à tous, lecteurs, lectrices ! Je vous partage quelques unes de mes lectures manga aujourd’hui. Bon je ne les ai pas lu depuis longtemps donc vous m’excuserez si ce que j’écris ici n’est pas très précis. Allez, en avant !

Ana Satsujin

Il s’agit d’un manga complètement barré qui nous raconte la rencontre entre un garçon dépressif et sa voisine tueuse en série. Bon, soyons honnêtes, rien qu’avec ces deux petites lignes vous pouvez comprendre que ce n’est pas un manga à mettre entre toutes les mains et que l’histoire est vraisemblablement sordide au possible. Et vous avez raison !

L’intérêt de ce manga réside dans ces deux protagonistes qui ont une liaison avec la vie et la mort vraiment particulière (c’est ce le moins que l’on puisse dire !). Chacun d’eux va influencer l’autre d’une manière spécifique faisant évoluer les personnages progressivement, que ce soit en bien ou en mal. Le manga est court (133 chapitres, ce qui correspond grosso modo à 10 tomes, sachant que les chapitres sont très courts au début et gagnent en densité par la suite) et se laisse lire facilement. Le rythme est bon et le dessin n’est pas exceptionnel. D’ailleurs, le style de dessin est assez proche de celui de l’auteur de l’attaque des titans (Shingeki no Kyojin) que vous connaissez sûrement.

En bref, l’histoire . Cependant, prendre des personnages aussi extrêmes dans leur façon de penser et voir le monde donne du sel à l’intrigue qui est dans l’ensemble bien « ficelé ». Par ailleurs, si vous trouvez que les personnages se détraquent de plus en plus lors de votre lecture, c’est normal. C’est une chute semblable à ces tragédies grecques que l’on nous faisait lire à l’école et où l’on savait que les personnages ne pouvaient pas s’en sortir.

Alors, prêt à plonger dans la tête de deux personnages complètement frappés afin de savoir ce qu’il en ressort ?

The Voynitch Hotel

Un manga encore plus court que le précédent (3 tomes). Il raconte ce qui se passe dans un hôtel perdu sur une île. Dis comme ça, cela ne semble pas transcendant, mais j’ai pris du plaisir à lire ce manga. L’inconvénient avec une histoire si courte, réside dans ce que je peux où non vous dévoiler de l’intrigue sans vous gâcher la « surprise ».

En revanche, voici ce que je peux vous dévoiler : il se passe des événements étranges sur cette île et le personnel de l’hôtel y semble pour quelque chose. C’est un bon petit manga pour passer le temps qui nous dévoile sans œillères ni complexes toutes sortes de situations, avec des personnages assez amusants et hauts en couleur. Bien évidemment, je ne vous cache pas que nous ne lisons pas ce manga pour son histoire ni même pour son développement de personnage, mais bien pour les différentes petites histoires et situations dont il regorge. Par ailleurs, le style de dessin est assez gothique et m’a rappelé le style de Tim Burton.

D’ailleurs, pour ceux que cela pourrait intéresser, j’ai eu envie de lire le manga après la lecture d’un article de blog. Vous pouvez retrouver l’article en question ici.

Dokgo

Fini les situations morbides et sordides dans ce manga ! D’ailleurs, il s’agit d’un manhwa (manga coréen) et non d’un manga (japonais) pour ceux qui voudraient de la précision. Ici, nous allons suivre les péripéties d’un petit frère (Kang Hyuk) qui souhaite venger la mort de son grand-frère Kang Hu. Celui-ci est mort à cause de harcèlement au lycée de la part des délinquants de l’établissement. Cependant, contrairement à Kang hu, Kang Hyuk est un délinquant. Un des plus forts qui plus est.

Dans ce manga on vous servira de la bonne baston de Yankee comme on les aime. C’est une histoire prenante, violente et avec quelques scènes riches en émotions. Encore une fois, cette œuvre n’est pas très longue (90 chapitres) et ne nécessite pas d’avoir lu Dokgo rewind (ce qu’il se passe avant) pour la comprendre et l’apprécier l’œuvre. Il existe également une suite à cette histoire qui est sobrement intitulée Dokgo 2.

Ce que j’ai vraiment apprécié lors de ma lecture c’est que le personnage principal est capable de réfléchir posément à la situation puis de se lancer à l’action avec toute la rage qui l’habite. Il est également capable de se faire passer pour son frère (ils étaient jumeaux), mais au-delà de l’apparence, en l’imitant à la perfection. Nous sommes donc face à un personnage principal froid et calculateur dont les plans se déroulent sans accrocs la plupart du temps.

En bref, du suspense, de la tension, de l’action et de la bonne baston ! Que demander de plus ?

C’est tout pour cette fois, à bientôt !

Vivaldi